Chez qui sont vraiment ceux qui crient « on est chez nous » ?

Certains soirs, j’ai réunion de société secrète. Je pourrais te dire comment j’y suis entré, mais le dernier qui a posé la question est le regretté Kim Jong Nam. Pour te donner une idée, à la porte ça se passe comme ça :

Au cinquante-six, sept, huit, peu importe
De la rue X, si vous frappez à la porte
D’abord un coup, puis trois autres, on vous laisse entrer
Seul et parfois même accompagné.

C’est un peu le Davos belge francophone. On y croise des maîtres du monde, mais pas les femmes d’oligarques russes. Quand on en a marre de barboter dans une piscine olympique de Dom Perignon millésimé, on décroche le téléphone rouge et on réquisitionne les bobines d’un film pas encore sorti. Tant qu’on y est, on envoie une Bugatti Veyron, le Gulfstream G650 ou le Falcon chercher réalisateur, acteur où qu’ils se retrouvent.

C’est comme ça que j’ai envie de te parler de Chez Nous, le film de Lucas Belvaux qui fait tant de peine à Marraine Le Pire. Ce film ne fera pas changer d’avis ses supporters les plus impliqués, mais il peut — il a déjà — faire changer d’avis des électeurs qui se sentent victimes et qui veulent employer leur voix pour crier leur révolte.

Lucas Delvaux ne fait pas de plan avant d’écrire. Il commence par le début en en avant ! Même pour sa trilogie Un couple/Cavale/Après la vie. C’est donc peut-être bien inconsciemment qu’il a moulé son propos sur le « Bloc Patriotique » sur Janus, le dieu aux deux visages. Sur le plan sexuel, son Janus prend des libertés avec son modèle en marbre et antique.

Le visage féminin (Catherine — insupportable — Jacob, Emilie Dequenne est un visage séduisant). Le personnage d’Emilie est une wonderwoman ordinaire qui élève seule ses enfants d’une oreille tandis que des deux mains elle soigne à domicile. On a envie de lui offrir un Bongo thalassothérapie et de baby-sitter sa marmaille pendant qu’elle profite un peu.

Le visage masculin fait nettement moins envie. C’est le vrai visage du Front… heu… du Bloc Patriotique. Sous le front de ce visage, la pensée « tu es différent de moi donc tu es nuisible » commande aux muscles de prendre un objet con, tondant voire les deux et frapper.

Toi qui es citoyen hexagonal et qui lit ce post sur mon blog : le visage féminin (Marraine Le Pire, sa nièce) peut te paraitre attirant. Si tu pouvais juste garder à l’esprit que ce n’est qu’un des deux visages et que l’autre est bel et bien là de l’autre côte de la pièce de monnaie, qu’il n’a pas disparu, qu’on le reverra peut-être tôt, tard ou jamais selon ce qu’il y a écrit sur ton bulletin dans quelques semaines….

Acheter une lithographie Magritte, aider MSF : avec toi ?

Tu te souviens de mon troc caritatif ? La partie troc est terminée, il est temps de passer au caritatif. Tu trouveras sur 2emain une lithographie de Magritte (intérieur cuir, caméra de recul, cachet à sec, paraphe de Charlie Hercovisci, authentification au dos).

Signature

Paraphe Charlies Hercovisci

Le plus important dans ce trrrrrrès-bel-objet-ma-chère-Marise, c’est en quoi va se transformer le montant proposé par le plus offrant. Cet argent va aller à MSF.

MSF intervient dans des situations d’exception (conflits, épidémies, catastrophes naturelles) et de grande précarité, afin de porter assistance à ceux dont la vie ou la santé est menacée.

D’un coup de baguette magique le prix de cette lithographie se transformera, par exemple en anti-douleurs dans le nord de l’Ouganda, en perfusion du côté de Mossoul, en traitement nutritionnel intensif au Nigeria.

Ca vaudrait la peine que ce prix soit le plus élevé possible, non ? Le prix que j’ai indiqué sur 2ememain est ridicule pour cette lithographie.

Toi qui lis ce blog, toi qui es dans mes contacts Facebook, toi qui me suis sur Twitter tu peux faire deux choses : acquérir une litho full-options tout en faisant un geste pour des frères humains en détresse. Ou alors, pour pas un euro, tu peux faire circuler ce post autour de toi, histoire que cette lithographie se vendre pour le prix le plus élevé possible.

Cette lithographie s’appelle « Peine perdue ». Je n’ai pas envie qu’elle porte bien son titre.

Je n’écrirai pas son nom

jolie-carotte

Y a un gars, pas la peine de citer son nom, il commence un nouveau job ce 20 janvier. C’est un job assez cool : tu voyages dans un bel avion. Le bureau est spacieux et bien situé dans une capitale. Y a un gars en permanence à proximité si jamais, de mauvaise un lundi matin, tu décides de passer tes nerfs sur un pays ou deux en les vitrifiant pour les siècles des siècles.

Ca gars, je vais passer toute la durée de son mandat à ne pas employer son nom sur les réseaux sociaux. Il aime son nom au point d’en faire une marque. Je le soupçonne d’être accro au rush de dopamine chaque fois qu’un de ses cent-quarante-caractères-maximum fait des ronds dans l’eau jusqu’à la réalité matérielle.

Je vais passer quatre ans à ne pas citer son nom, à donner le moins d’écho possible quand il prendra une décision que je trouve aberrante. Je vais le priver de mon attention. C’est tout ce que j’ai trouvé, à mon échelle.

Et toi, tu comptes lui donner quelle attention à ce gars ?