A tire d'L

Voilà une lettre, que dis-je, une consonne spirante latérale alvéolaire voisée, dont le nom est on ne peut plus féminin et sur la graphie de laquelle on chercherait en vain des courbes voluptueuses et caressogènes. À force de commencer un nombre incalculable de phrases, cette lettre s’est desséchée au point d’adopter un dessin ascétique, un design assèché en soufflerie, suite, sans doute, à un régime protéiné ultraminceur spécial consonnes à haute teneur en initiales. L’L (qu’est-ce que je disais à propos de commencer des phrases…) c’est une moitié de rectangle, un angle droit dont les deux branches ne sont de longueurs égales que par de bien improbables hasards typographiques.

Aile, L, elle, etc.

L’L donc sert de piste d’envol à des foultitudes de phrases. Elles servent de piste d’envol à des amourettes, des flirts ou carrément des histoires passionnées (longue durée en option), des romans, des chansons, des scénarios, du chef d’oeuvre multi-oscarisés au straight-to-video, bref la meilleure moitié de la culture mondiale. Ça ne peut pas être un hasard.

Tant qu’on est dans le cratylisme lacanien de café du commerce, si en Français « mer » et « mère » sont siamois de son voire de sens (allongez-vous, parlez-en à qui de droit et allongez-lui l’oseille réglementaire…) le duo « mer- elle » se retrouve en anglais (sea – she), en néerlandais (zee – ze) et donc probablement en allemand (mer = see). Se pourrait-il que ce soit le cas dans ahem… toutes les langues du monde ? Que fait l’UNESCO ?

En attendant, lecteur, lectrice, à part « lecteur » et « lectrice » quels sont tes mots en L préférés ?

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