Quels sont vos souvenirs du 21 avril 2002 ?

A une semaine de l’échéance, le moment semble venu : le 21 avril 2002, le premier tour de l’élection présidentielle française livrait le résultat électoral le plus spectaculaire, le moins inattendu et le moins écouté depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Grâce à une newsletter bien informée, je n’ai pas été complètement surpris. Et la mine jusque par terre des journalistes, leur emploi à gogo du mot « surprise » dans leur propos d’avant-vingt-heures avaient quelque peu vendu la mèche.

Ma réaction : après quelques minutes devant mon téléviseur ça a été de me rendre à la soirée music-hall du Cercle au Sablon.

Comme Pierre Rapsat a choisi ce jour-là pour aller rejoindre la grande jam-session dans le ciel ça n’a pas été la journée la plus folichonne de mon existence.

Et vous ? Cette journée, vous vous en souvenez ? Vous l’avez vécu comment ?

7 commentaires

  1. je pense me souvenir de longues conversations avec les enfants, pour tenter de leur expliquer : l’importance du vote, pourquoi les gens avaient voté Le Pen, et pourquoi ça pouvait être dangereux…
    rien de très gai quoi…

  2. J’ai vu la tête des journaleux et j’ai ri : Ils étaient si surpris de voir écroulée leur théorie du second tour Jospin vs. Chichi, que, pour la première fois, j’ai eu l’impression que les élections avaient été régulières.
    Et puis franchement, pour que Le Pen soit président, il faudrait qu’il passe « par hasard » au premier tour, vu qu’il ne passera jamais au second… sauf peut-être, contre… contre qui ?

  3. Moi aussi je l’ai appris 1h avant, je faisais une soirée électorale avec des potes et personne ne voulait y croire avant les « 20h fatidiques », mais c’est clair que la tête des journaleux a bien aidé à comprendre qu’il allait se passer un truc, même si à chaque élection, ils essaient d’entretenir le suspense à coup de « surprise » toutes les 5 mn.
    Ca fait un an que je dis qu’il va arriver la même chose, alors j’espère juste me tromper sur toute la ligne cette fois…

  4. Moi je ne subodorais rien du tout du tout et ça a été une vraie sale surprise. Et en même temps je me souviens que je ne m’étais pas déplacée pour aller voter Jospin, et qu’en en discutant avec des potes, eux non plus ne s’étaient pas déplacés et qu’on était beaucoup comme ça dans mon cercle d’amis, et qu’on devait avoir été encore plus comme ça dans tout le pays. Possible que ça m’ait vraiment guérie de l’abstentionnisme, même occasionnel. On avait une sale mauvaise conscience de s’être débinés parce que le candidat ne nous faisait pas rêver, et on s’est dit que c’est comme ça que se passaient les hold up sur la démocratie, par la bande…

  5. Megaconcert des Rinôçérôse, acheter les albums en vynil (on ne se refait pas) et puis retour appart pour vider quelques pintes… On a un peu fait tache avec les têtes longues face au téléviseur…

    Dans la nuit je me souviens que lové près de ma moitié je me suis demandé si il faudrait « éviter » la France, prendre les armes… j’étais effaré.

  6. J’étais à New York, avec ma famille, pour célébrer les 80 ans de mon père. On était chez des vieux amis à mes parents, qui me demandent, à brûle-pourpoint, « So, what exactly do you do for a living? » Plutôt que de devoir lui expliquer que j’étais Content Manager d’un portail web, je me décide à le lui montrer. On allume le PC, je me connecte et, ensemble, on découvre le grand titre qui venait d’être mis en ligne quelques minutes plus tôt: « Le Pen au second tour ! » avec une photo de l’Affreux.

    Du coup, on s’est demandé si on allait rentrer en Europe à la fin de notre séjour ou demander l’asile politique aux USA (en fait, tous les prétextes étaient bons pour ne pas rentrer en Belgique). Puis, on s’est rappelé qu’on habitait Bruxelles, qu’on n’était pas directement concernés et que, au contraire, il fallait rentrer à la maison pour préparer la chambre d’amis pour tous ces réfugiés politiques qui allaient commencer à affluer d’un peu au sud du Quiévrain.

    Cinq ans plus tard, le portail a disparu (mais je m’en fous), mon père est mort (il me manque) et Le Pen est toujours là. Tant qu’à faire, j’aurais autant aimé l’inverse…

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