Amputez moi de mes maladresses

Pas besoin d’anesthésie. Allez-y au katana, à la tronçonneuse ou à la hache de viking. Pas besoin d’anesthésie, vous dis-je, je sais que ça va « faire un peu mal ».

J’en fais trop. Je suis incapable de donner sans le faire à 100% et je suis le premier étonné que ce ne soit pas le cas pour tout le monde.

Cette générosité excessive me revient d’habitude dans les gencives avec la délicatesse d’un boomerang en plomb. Et paf ! Je souffre. Et re-paf ! Je n’arrive pas à sortir de cette ornière. Je n’arrive pas à faire autrement.

J’ai de l’affection (aux orties la pudeur : de l’amour) à donner et comme j’en donne trop, trop vite, je n’arrive pas à en donner longtemps.

Il faut tourner la page, changer de modus operandi. Je le sais, mais le bonheur de donner quand j’en ai enfin l’occasion est trop fort.

Le vacarme d’ouragan que fait l’affection que je donne quand j’ai enfin une bonne raison ou juste un prétexte pour lacher les vannes noie sous les décibels la voix du petit Jiminy Cricket sur mon épaule qui me conseille de ne pas forcément passer du point mort à la 5ème directement.

Ne m’amputez pas de mes maladresses. Je suis un passionné et je veux le rester. Et la racine latine de « passion » c’est le mot qui veut dire « souffrance ». Préparez les sparadraps et le mercurochrome, préparez des mouchoirs, je crois bien que j’aperçois un boomerang « with my name on it ». Il ne devrait plus tarder à me frapper avec autant de force que j’ai envie de faire du bien.

Et comme je suis équipé d’un détecteur de marque de rejet hypra-sensible, qui renifle même à 20 000 kilomètres les marques de rejet bien avant qu’elle ne sorte de leur silo du Kazakhstan ou de l’Idaho (faites-moi penser à postuler au NORAD) pour venir nucléariser mon petit coeur de beurre, la moindre marque de rejet vous dis-je, même la plus infime, même celles qui n’en sont pas vraiment ou pas tout à fait… Je les ressens toutes comme si j’avais dans la tete un sismographe relié à un nerf à vif.

‘better make myself comfortable : I could be here a while.

5 commentaires

  1. Salut, ce n’est peut-être pas le cas de tout le monde, mais en te lisant je me disais que j’aurais pu écrire ce post. Incroyable, c’est vraiment comme si tu parlais de moi. Tu n’es donc pas seul dans ce cas, au moins…

    Je découvre ton blog, je reviendrai assurément. Courage.

  2. Aaaahhh le syndrome des passionnés et des excessifs ( pléonasme)…
    Ce truc là, c’est comme une drogue…donc, le meilleur remède serait l’abstinence…mais cela nous priverait du piment de la vie !
    Bienvenue au club…
    (perso, je suis accro à ce genre de truc…je persiste et je saigne, mais je ne changerais de formule pour rien au monde !!!)
    Bise-sparadrap 😉
    evelyne

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