Harlequinades 2009 : "Souvenirs d'une nuit d'été" (1/12)

Livrer en un seul post une analyse des 12 chapitres de “Souvenir d’une nudité” heu… “Souvenir d’une nuit d’été” serait une faute bloggesque grave : d’une part parce que l’actualité ne se bouscule pas précisément au portillon, d’autre part parce que “Souvenir d’une nuit d’été” est vraiment très croustillant. Marie Ferrarella : bravo l’artiste, c’est du tout grand !

harlequinade-nuit-ete

Chapitre 1 :

Slade Garret, journaliste de guerre, ex-fumeur, a brusquement, comme le hasard fait bien les choses envie de revoir un coup d’un soir d’il y a… neuf mois. On n’est pas dans la collection “Superpapa” pour rien. Avant de sortir de sa voiture, il se la joue flash-back

* La première phrase :

Slade Garrett s’étira autant que le permettait l’exiguité de sa voiture et contempla d’un oeil perplexe l’édifice de béton et de verre qui surplombait le parking.”

* La meuf

Pour décrire la donzelle, la maison Ferrarella ne se moque pas de la clientèle : “Elle portait une robe du soir bleu nuit, dont l’étoffe légère épousait chaque courbe de sa longue silhouette. Le décolleté en coeur laissait deviner sans rien en montrer deux seins parfaits. La finesse de la taille, l’arrondi des hanches, le galbe du mollet atteignaient ce degré de perfection qui se rencontre plus souvent sous le ciseau d’un sculpteur que dans la nature”.

C’est marrant le choix des mots quand même : une étoffe qui “épouse”. Une façon d’annoncer le mariage en salle d’accouchement du chap… oups, j’ai failli l’écrire.

Mon lectorat féminin peut-il m’éclairer sur ce décolleté en coeur qui ne montre rien ? C’est mon niveau de testostérone qui m’aveugle ou c’est un oxymoron ?

* La nuit d’amour à la plage

Slade n’aurait jamais cru qu’une femme puisse avoir tant à offrir. Il avait découvert dans ses bras des nuances de plaisir infinies”. Plus bas, même page, retenez bien ce détail : “Après une nuit passée à faire l’amour et à ne s’arrêter que pour reprendre haleine, ils s’étaient quittés à l’aube, avec la certitude que ce qu’ils venaient de vivre allait devenir le joyau de leur mémoire”.

En vrac :

– Passons sur le “joyau de leur mémoire”, parce que des figures de style comme celle-là, il y en a toutes les trois pages.
– « Ne s’arrêter que pour reprendre haleine » A quand l’apparition du concept de période réfractaire dans la collection Harlequin voire dans la fiction tout court ?
– On est en 1996 (en 8 avant Facebook si vous préférez) mais au petit matin, ils se quittent sans se laisser de quoi se contacter ?
– Quelle cruauté pour la fidèle cliente qui achète son Harlequin en même temps que les Félix de son chat, son paquet de Saint-Michel sans filtre, ses douze bouteilles de Gordon pour le week-end et son billet Euromillions : elle est obligée de faire appel à son imagination pour les « nuances de plaisir infinies ». Ou bien, souhaitons-lui, à sa mémoire.

* La fin du chapitre :

L’infirmière ouvrit la porte de verre dépoli et disparut.”

(à suivre)

2 commentaires

  1. J'aime beaucoup le concept 😀 comment profiter de toutes les phrases tordues, les expressions clichés et les invraisemblances d'un roman Harlequin sans avoir besoin de le lire en entier (ce qui ne doit pas, je m'en rends bien compte, prendre plus d'1h30…)

    Outre le décolleté-oxymoron, je m'interroge sur « la finesse de la taille » d'une femme enceinte de 9 mois, mais c'est certainement mon côté pinailleur…

    Vivement le chapitre 4!

  2. J'aime beaucoup le concept 😀 comment profiter de toutes les phrases tordues, les expressions clichés et les invraisemblances d'un roman Harlequin sans avoir besoin de le lire en entier (ce qui ne doit pas, je m'en rends bien compte, prendre plus d'1h30…)

    Outre le décolleté-oxymoron, je m'interroge sur « la finesse de la taille » d'une femme enceinte de 9 mois, mais c'est certainement mon côté pinailleur…

    Vivement le chapitre 4!

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