Livre numérique : le problème du diesel

Je ne te raconte pas le Viet-Nam que c’est de publier un livre numérique (je préfère « livre numérique » que « livre électronique » ou « e-book »…). diesel

Transformer les pages de son chef-d’oeuvre de la narration ou d’un plus modeste effort, les faire passer de l’état de fichier pour logiciel de traitement de texte à l’état de fichier compatible avec les liseuses de livre numérique n’est pas très compliqué. Il y a des logiciels gratuits qui font ça très bien.

Là ou ça se complique, mon gros lapin, c’est au moment de mettre la marchandise en vitrine, quand tu réalises que l’éléphant dans la pièce, la baleine bleue de la distribution de livre numérique (Amazon et son Kindle) utilise son propre format (azw, un dérivé du formant mobi) qui n’est pas le même que les épiceries de quartier (au hasard celle-ci) qui utilisent le format epub.

Là où le coeur du drame se noue, là où les Athéniens se teignent, c’est quand on constate que toutes les liseuses ne lisent pas tous les formats. Pour lire les jolis livres numériques du formidable supermarché Amazon, c’est quasiment le Kindle ou rien (ou des manipulations informatiques pas trop compliquées mais bon).

Ce qui serait formidable, ce serait que le Kindle, cette liseuse subventionnée donc pas chère, puisse lire les fichiers epub vendus par les petites épiceries. Niet, nope, nada, nenni. C’est comme si Mercédès avait le monopole du carburant diesel et qu’il soit impossible de faire le plein ailleurs. Pendant ce temps, les autres marques de voiture roulent à l’essence mais en consomme beaucoup à force de chercher ou sont les stations-service (dans cette formidable métaphore : les magasine en ligne de livres numériques non-Amazon).

D’une part je suis persuadé que cette limitation est un frein à l’envol de tous les livres numériques, d’autre part, je ne sais pas quel concours de circonstance, manifestation d’indignés, pétition en ligne ou grève de la soif pourrait faire disparaître cet obstacle sur le chemin d’un monde où les autres peuvent vendre leurs textes, du producteur au consommanteur, comme les CDs vendus par les groupes débutants depuis le coffre du break (diesel?) qui a servi à transporter la batterie et le bassiste jusqu’à la salle du concert.

A part, bien entendu, une distribution gratuite et générale d’iPad dernier cri.

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