Lisons heureux en attendant la fin du monde

Je donnerais bien un concert façon Marka mais heu… je ne suis pas chanteur. Je suis auteur. Voici donc, gratis en voor niks (de toute façon, j’ai appris à me passer de nourriture) une nouvelle écrite sur le thème « Le mur » et qui m’a valu, un beau 8 mars, il y a une éternité donc, de recevoir le ressenti de Simon Johannin sur mon texte.

Son titre, qui résonne étrangement de nos jours : « Se séparer c’est construire des murs »

Cette nouvelle est disponible En version PDF et dans cette version pour liseuses format epub.

Vous n’êtes pas à l’abri de versions relues voire améliorées de ce qu’il y a à sauver dans le Projet Bradbury.

Bise de loin, mes gros lapins.

Dans la catégorie 14 février pourri, je demande : Teddy Roosevelt

Aucun 14 février ne parviendra à être aussi pourri que celui de Teddy Roosevelt, millésime 1884.

12 février. Teddy est au taf, à l’usine, au fond de la mine de sel, il pousse un projet de loi, à Albany, capitale politique de l’état de New York. Il est comme ça Teddy, il a envie de réformer la société. Un télégramme vient jeter une euphorie aigre/douce. Alice, sa femme, a accouché de Alice, sa fille, le 12 février. Autant Alice, sa fille, se porte bien, autant Alice, sa femme, n’est pas resplendissante de santé. Teddy décide qu’un peu d’absentéisme parlementaire s’impose.

Au matin du 14, Teddy est à New York en train de réconforter sa femme du mieux qu’il peut quand la domesticité lui apprend que sa mère est à la fois au rez-de-chaussée, au plus mal et aux prises avec une fièvre typhoïde. Il se précipite et arrive à temps pour voir sa maman pousser son dernier soupir.

La douleur le fait errer au rez-de-chaussée, il souffre, il chancèle, il aperçoit un escalier, se demande dans quel état est sa femme. Il monte voir. Il arrive à temps : sa bien-aimée Alice est elle aussi, câlin ou pas, serment d’amour ou pas, aux portes du voyage sans retour. Elle décède sobrement.

Teddy ouvre le carnet qui lui sert de journal intime et écrit :

Donc, mon gros lapin, mon petit canard en sucre, ton absence de bien-aimé·e, ton/ta bien-aimé·e qui promet tout les trois mois de divorcer, l’érosion lente de ce qui te lie à ton/ta bien-aimé·e : ça peut être pénible, surtout quand les parfumeurs/bijoutiers/fleuristes/restaurateurs te tendent les menus pour deux spécial «quand on aime on ne compte pas» mais… aucun 14 février ne pourra être pire que celui de Teddy Roosevelt, millésime 1884.

Comment je suis devenu protégé en 2020

comment je suis devenu protégé en 2020
Two Youths in Uptown, Chicago, Illinois … 08/1974

Bruyant hôpital à brunettes. Contrôle pratiquement annuel, pareil. Il faut un peu de persévérance à l’entrée : un architecte taquin, vénal ou les deux y a placé une galerie commerçante. Dans l’actualité il y a des missiles, des grèves et une absence de gouvernement. Le croissant coûte un pancréas et demi.

Ascenseur. Une médecin anguleuse, tablier blanc, touffe de cheveux noirs, philosophe au comptoir en raccompagnant un couple de patients.

— Avec tout ce qui se passe, on aurait tort de courir.

Une réaction passe sur mon visage. L’ascenseur produit une mélodie florale qui fait pousser un étage tout neuf autour de nous. Ceux qui ne sortent pas laissent passer les autres.

— J’ai eu sept enterrement en trois mois, monsieur.

La première et seule chose que je répond :

— Bonne moyenne…

Au moment de sortir de l’ascenseur elle me tourne son regard qui s’est posé sur beaucoup de douleurs et c’est pas fini. Elle me lance

— Soyez protégé, monsieur.

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