Comment survivre au ghosting en sept étapes faciles

cas rare de ghosting visible

Tu discutes avec Barbarella75 (ou Beaugosse69) par au moins un canal et puis… plus. Tu voudrais bien continuer à en savoir plus sur sa collection de Barbie/de carburateurs gréco-romains, mais on dirait bien qu’il n’y a plus de connexion entre vous. Plus de notifications de messages. Plus de messages. Plus rien. Le monde du silence. Tu viens de te faire ghoster. Ça ne te consolera pas mais sache qu’au moment de mettre ce post sous (Word)Press, l’Office québécois de la langue française n’a pas introduit d’équivalent francophone à ghosting.

Voici 7 étapes faciles pour survivre à un ghosting 

1 – Quoi ? !

Tu es sous le choc, tu n’y crois pas, c’est impossible. Toi, victime de ghosting ?! Hier encore, vous devisiez gaiement de vos films préférés et tu envisageais une suite de relation comme dans les films. Et bien : ça se passe comme dans un film. Sauf qu’au lieu de se passer comme une fin de comédie romantique, ça se passe comme un début de film-catastrophe. C’est un météorite martien qui est tombé malencontreusement sur le portable de ton futur parternaire de stimule-muqueuses, c’est la seule explication possible. Ou alors la pelle d’un bulldozer a coupé le fil du téléphone dans sa rue. Seule explication possible.

2 – Ouille

L’être disparu donne signe de vie. Juste, c’est pas à toi qu’il les donne. Tu le/la vois agir sur les internets. Il ou elle se connecte. Tu sais même à quelle heure. Votre conversation ? Morte, incinérée, dispersée façon puzzle.
Tu cherches un moyen de te consoler. Aussitôt, telle une fusée, le cours de l’action Smirnoff fonce vers des hauteurs inexplorées.

3 – Je suis colère, je suis printemps arabe !

Quelle ordure ce Beaugosse 69 ! (quelle poufiasse cette Barbarella75 !). Tu donnes des coups de poing dans ton mur, faute de pouvoir déverser en face à face ton courroux à l’ex objet de tes attentions. Ah, mais ça ne va pas se passer comme ça ! Victime d’une injustice inédite depuis… depuis la victoire à la Floridienne de W Bush en 2000, tu es colère, tu es printemps arable, tu es la fureur et la colère, tu es Mélenchon face à un journaliste du Figaro. Je ne dis pas que ça ne sert à rien, je dis juste que ça défoule.

4 – On s’arrache les cheveux

Rien à faire, ça ne passe pas, ça ne veut pas passer, ça ne passera jamais. Ce n’est pas ta faute mais alors qui a tout fait foirer ? Comment faire mieux la prochaine fois ? Que faut-il comprendre ? Faut-il changer de clavier pour écrire plus doucement ? Dans quoi le tourner sept fois avant de pousser sur « Envoi » ? Tu es souffrance et interrogation, tu déambules dans les plus sombres venelles de ton toi-même à la recherche d’un indice. Même un tout petit. Même une vérité inconfortable.

5 – O ragequit O désespoir

Pour être perdu, c’est perdu. Tu es au fond du gouffre de Padirac et tu creuses ce fond avec ce qui te reste d’ongles. Tu ne manges plus, tu ne bois plus, tu ne dors plus, ta souffrance a inspiré des milliers de chansons. Alors que les chansons qui racontent une histoire d’amour dans laquelle tout va bien sont nettement moins nombreuses. Rien que cette pensée te déprime. Le chocolat ne peut rien pour toi. Autour de toi on s’organise pour verrouiller le robinet du gaz et mettre les médicaments sous clés.

6 – Perestroika

Tu mets le nez à la fenêtre. Tu cherches un truc à faire, n’importe quoi du moment que ça te fait oublier. Du macramé acrobatique ? Va pour le macramé acrobatique ? Virer le PS du gouvernement wallon ? Va pour virer le PS du gouvernement wallon. L’important c’est de ne plus penser à Barbapoufiasse ou à Enflure69

7 – En marche (avant)

Pour être foutu, c’est foutu. Tu sais quoi ? Cette pensée ne te fait même pas mal. Barbarella/Beaugosse est sorti(e) de ta vie fowever. Tu te dis que ce n’est peut-être pas complètement de ta faute. On te revoit enfin au bureau. Tu ne rampes plus sur un champ d’éclats de verre, tu marches d’un pas ferme vers un horizon plat voire ensoleillé. Une nouvelle conversation ne saurait être loin.

Les questions qu’on se pose

  • Est-ce que le lanceur d’alerte de Publifin vérifie les freins de sa voiture tous les matins ?
  • Qui a le plus d’ego : Arditi, Geluck ou Onfray ?
  • Est-ce que la Cour des comptes se contrôle elle-même ?
  • Mais que devient Jil Caplan ?
  • Comment est-ce qu’un aveugle de naissance choisit la couleur de ses vêtements ?
  • Enfin et surtout : pourquoi est-ce que les éléphants rouges ne mangent pas de briques ?
  • meeting Hamon à Bruxelles

    Ce soir j’attends Hamon à la Madeleine

    La file franco-belge pour assister au meeting de Benoit Hamon s’étire de la chapelle de la Madeleine à la salle de la Madeleine. Tout près de la porte qui tarde à s’ouvrir, un esprit s’échauffe « le mec de la sécu, on dirait un type du FN ». À Paris, ce genre de colère ne surprend pas, à Bruxelles il est exotique.

    La file se déverse enfin dans la Madeleine. Dominique a mis un gilet bleu marine sur sa marinière. À 54 ans, pour cette Belge, c’est un premier meeting politique. Elle est venue par curiosité. Oana, 32 ans, a la double nationalité française et roumaine. Elle travaille pour un député européen roumain. Alphonse, 21 ans, a emmené Patrick, son père, au meeting. Il est belge et là par intérêt pour la politique européenne.

    Pour tromper l’attente, le chauffeur de salle remercie « le maire de Bruxelles » pour son hospitalité. Il alterne les messages sur les « plusieurs milliers de spectateurs » présents et les promesses de commencer dans « quelques toutes petites minutes ». Les 640 personnes assises, les 250 debout au fond de la salle et les 400 qui sont rassemblés au You voisin pour suivre le meeting sur un écran géant applaudissent en retour.

    Pour tromper l’attente, la sono diffuse Bella Ciao. Venue de Paris, la jolie Marie a mis une robe noire pour assister au meeting et ses 25 ans au service de Benoit Hamon. Plus tôt dans la journée, elle a préparé la salle. Un peu comme son candidat, la batterie de son smartphone perd de la puissance.

    Jean-Paul a 60 ans, une barbe poivre et sel et des convictions socialistes profondément ancrées. Pour lui Benoit Hamon est un homme d’État comme on en manque ici. Il est belge et ses convictions ne vont pas jusqu’à soutenir « la pègre socialiste ». Il désigne du menton les trois premiers rangs, où il faut un bracelet jaune pour prétendre à un siège.

    La lumière disparait. Les orateurs prennent la scène. Le discours de Thomas Piketty s’égare du côté de la conférence de 1953 sur l’annulation de la dette des états. Il faut le mot « multinationales » pour réveiller le public.

    En compagnie d’Elio Di Rupo, sa vedette américaine, Benoit Hamon fait son entrée. Les drapeaux et pancartes fournis par l’organisation sortent de l’ombre.

    Benoit Hamon étrangle un sanglot en évoquant la mémoire d’Henri Emmanuelli. Il embraie sur un discours de 80 minutes. Un lapsus nous livre le fond de sa pensée : « le candidat heu… la candidate de l’extrême droite… ». Il obtient des huées en évoquant la clause « Tartuffe ». Quelqu’un quelque part retranscrit le discours en direct pour qu’il s’affiche sur les écrans géants des deux côtés de la scène. Quand le candidat improvise, vite la petite main efface, revient en arrière et tape ce qui a été dit.

    La Marseillaise n’est pas tout à fait la fin de la soirée. Benoit Hamon emprunte le passage secret qui relie la Madeleine au You pour une visite aux spectateurs de l’écran géant. Sans caméras et très vite sans micro, il donne rendez-vous le 7 mai au soir ou le 8 au matin.
    Les spectateurs sortent de la salle avec sous le bras les pancartes Hamon 2017 en guise de trophée. Le Hashtag Hamon 2017, en mousse poids plume et repeint en vert, est resté sur scène.