Archive for the 'Les coulisses de l'exploit' Category

Rite initiatique

Lettres d'éditeurs

Pour quelqu’un qui écrit en français, la lettre de refus d’une maison d’édition parisienne est comme le péage sur l’autoroute du Soleil : un passage obligatoire.

Maintenant que c’est fait, je suis impatient de reprendre la route pour découvrir, dans le moins de kilomètres possibles, si une acceptation se passe par téléphone, par courrier postal ou par e-mail…

Comment se faire éditer en allant au Salon du Livre de Paris

Quelques petites choses bonnes à savoir sur le Salon du Livre de Paris et sur la journée professionnelle d’icelui, au cours de laquelle les auteurs croisent des éditeurs, des libraires et des diffuseurs :

Alexandre Jardin et son pull bleu

- c’est un bon plan d’avoir nom, adresse et téléphone sur la première page du manuscrit
- ledit manuscrit est évidemment en double interligne et recto only
- sur les stands, il y a surtout des libraires et les maisons d’édition ne sont pas sur le stand au grand complet (si quelqu’un sait ce qu’ils ont de mieux à faire ce jour là…)

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- C’est une bonne idée de repérer les collections pour lesquelles le texte a l’air taillé
- Interdiction formelle de quitter la Porte de Versailles sans un exemplaire du cataloque : c’est pratiquement le bottin de la profession

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- Les petits stands sont snobés : le visiteur parisien se comporte en papillon de nuit attiré par tout ce qui brille. Les éditeurs moins connus ont plein de temps pour faire la causette.
- Il est tout à fait possible de confier des manuscrits à des éditeurs de maison d’édition très connues. En tout cas, j’y suis arrivé. Concrétisation ou pétard mouillé ? A suivre…

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Et enfin, il serait bon de remplacer le panneau où il est écrit [Une certaine maison d’édition] par le texte suivant : “Toi qui entre ici abandonne toute espérance”. Non, ils ne prennent pas de manuscrits sur le stand, non, ça n’est pas négociable. Oui, je peux aller me faire foutre (je paraphrase…).

Les meilleures méchancetés de Pan a.k.a. Mystérieux-Projet-Editorial

Maintenant que le manuscrit est introduit à l’intérieur de la machine éditoriale et en direction de votre librairie préférée, je peux lever le voile sur le projet, lancé en janvier et qui aura donc pris environ neuf mois.

Ce Noël, au lieu d’offrir le Kroll de l’année à votre oncle Julien qui l’a sûrement déjà, vous pourrez lui faire beaucoup plus plaisir en lui offrant “Les meilleures méchancetés de Pan“, un livre avec mon nom sur la couverture et dont je n’aurai écrit qu’une très petite partie puisque c’est une compilation des potins-ragots les plus sanglants, des petites phrases les plus assassines, des portraits au vitriol paru dans le Grand Hebdomadaire du Mercredi depuis 1945.

Mon slogan : “le cadeau idéal, achetez-en deux : un pour offrir, un pour le lire !“.

Rendez-vous ici-même pour suivre les différentes étapes de la fabrication d’un bouquin qui va déchirer sa race grave de chez grave.

Si vous vous penchez sur “le pipe” vous apercevrez au loin d’autres projets éditoriaux dont je ne parlerai que quand/si ils se concrétisent en trucs qu’on peut télécharger ou acheter dans une vraie librairie.

L’attente est bleue comme une orange, jour 82 : l’affaire est dans le sac !

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Mystérieux-Projet-Editorial quitte le stade “bêta” pour entrer en Release Candidate. Le Master Gold n’est plus qu’une question de jours. Ca n’est pas M-P-E dans le sac, c’est une photo prise à l’arrache “non loin du Belga”.

“The only two ways to write a story” : it’s mine !

Je suis en haut de la plus haute colline des environs, je me frappe le poitrail et je pousse un cri de bête animale qui ne serait pas humaine. Pour la décence, rajoutez-moi un kilt aux effets spéciaux si ça vous chante, pendant ce temps-là, je brandis au dessus de ma tête le trophée, le glaive, la lame façon Hatori Hanzo qui va m’aider à transpercer le fantôme de la page blanche et le servir à l’apéritif façon Apéricube. Ruisselant de pluie, éclairé par le soleil qui se lève à peine, je balaye l’horizon en cinémascope à la recherche d’un Alderaan qui voudrait tâter de ma nouvelle étoile noire.

two ways

Je suis désormais en possession de “The only ways to write a story”, le bouquin quasi introuvable de John Gallishaw et avec cette cartouche dans ma muselière, laissez-moi vous dire que les deux saisons qui restent de Grand Darjeeling Hotel, le nanowrimo 2007 et le reste, tout ça va envoyer du gros bois, du tilleul centenaire voire du séquoia…

Message perso à mon éditeur : profite bien de ton reste de vacances, couve bien la descendance parce qu’on va avoir du papier sur la planche dans les mois qui viennent…

Nanowrimo 2007 : ça se présente plutôt bien

nanowrimo 2007 outline

Limpide, non ?

Vivement le 1er novembre, que j’en reprenne pour un mois et 50 000 mots (au moins).

Edit : pour les blondes, les retardataires (qualités cumulables) voici de quoi se familiariser avec la notion de nanowrimo.

Les chroniques du Script Frenzy, deuxième partie.

source : http://farm1.static.flickr.com/6/6218830_9673cb3a3c
Script Frenzy, shit I am still in Script Frenzy. Chaque fois que je me réveille, je crois me réveiller face au clavier, dans la jungle hostile d’un script touffu. Mais je me réveille et il n’y a pas de clavier dans la pièce. J’ai à peine à qui parler du divorce entre moi et le besoin de sommeil. Quand je suis loin du clavier, je culpabilise et quand je suis face au clavier, tout ce que je vois me fais penser à une jungle touffue. Je suis ici depuis 21 jours maintenant… attendant que cette mission se finisse. Chaque minute que je passe à travailler sur ce script est un combat. Chaque minute que les personnages passent à devenir autonomes est une minute qui les rend plus forts. Chaque fois que je regarde le retard que je prend sur le rythme idéal, j’ai l’impression que les murs se rapprochent. Vivement qu’on entende « This is the End ».

EDIT : un saut créatif plus tard, les troupes de choc volent de victoire en victoire et en tendant l’oreille on pourrait bien entendre un peu de Wagner héliporté.

Les chroniques du Script Frenzy, part One.

Autant pour le nanowrimo, j’étais dans le stress et ça s’est bien passé, autant cette fois-ci pour le script frenzy, je n’arrive pas à être stressé et je rencontre des noeuds dramatiques.

Les différences : je ponds au MacBook dans le Klippan avec Scrivener et avec la télé en fond sonore, là où j’ai fait le Nanowrimo dans OpenOffice et avec la playlist magique à fond de casque. Je le sens mieux comme ça, ne cherchez pas à comprendre…

Quelques observations en vrac sur ce défi littéraire qui n’arrive même pas à ouvrir mon robinet à adrénaline :

  • Premier “noeud dramatique” dénoué. Il “suffisait” de déplacer des éléments dans la structure pour que l’édifice soit tout d’un coup beaucoup mieux équilibré. Et hop ! Pour la suite, la structure a l’air d’être sur les rails. Mais c’est tellement espiègle ces petites choses là…
  • Juin à la place de novembre ? L’expérience ? Toujours est-il que je me sens moins dans l’état de transe littéraire semi-permanent de novembre et que l’idée de pondre 20 000 mots en un mois ne me stresse pas. Mais comme il paraît que pondre 50 000 ou 20 000 mots en un mois n’est, je cite, pas impressionnant, who cares ?
  • Combien de mots ? Là on est le 5 tard au soir, mais le 5 quand même et j’en suis à 4313 mots soit un rythme de 862 par jours. Le rythme pour pondre 20 000 mots en un mois est de 667 mots par jour. Pour la suite, je vais carrément viser un rythme d’au moins 800 mots par jour et un bloggage électoral from Da Big House, une fête d’anniversaire, un tsunami qui recouvrirait la basilique de Koekelberg ou un épisode de Grand Darjeeling Hotel ne seront pas considérés comme des excuses valables.
  • La prochaine fois, j’essaierai d’avoir plusieurs idées de scripts possibles, pour pouvoir me donner le luxe de choisir. Parce que celle que j’ai décidé de suivre consiste à emprunter des personnages célèbres à un auteur mort et à leur faire vivre des trucs à un âge auquel on ne les connaît pas. La prochaine fois, au lieu de modèles d’occasion, je m’offrirai du neuf. Y a trop de pièces à remplacer ou carrément ajouter sur les modèles d’occasion. Mais ça prend forme.
  • La structure prévue se modifie au fur et à mesure que l’écriture avance. Bon signe.
  • Les dialogues me paraissent jusqu’ici un peu plats mais ce n’est pas grave : it’s only a draft, it’s only a draft, its only a draft…

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau point de la situation aux alentours de la mi-course…

Le pouvoir du mot “différentiel”

Parlons boutique, parlons instruments, parlons stylos. C’est officiel, si on peut glisser indifféremment une cartouche ou un réservoir à piston dans un instrument d’écriture, à mes yeux ça n’est plus un stylo. C’est un jouet de Saint-Nicolas, un outil d’amateur, quelque chose qui se pose en plusieurs exemplaires dans un pot sur un bureau de réceptionniste et que le livreur de DHL ou le VRP de passage peut emporter gratuitement sans éprouver d’état d’âme.

Par contre si ça n’existe uniquement en mécanisme de remplissage par piston, là je dis “monsieur !”. Là on est dans le vrai stylographe, dans l’instrument d’criture avec lequel j’ai des trucs à dire.

Ce qui limite le territoire à la marque Pelikan dont je ne possède actuellement qu’un catalogue et à Mont-Blanc dont je possède un Meisterstück depuis un peu plus de dix ans, payé après avoir mis de côté pour me l’offrir pendant un temps certain.

Et là j’ai beau être de la partie, je tombe dans le piège comme un premier communiant. La page du catalogue décrit le M400 et son “mécanisme classique à piston” ne me fait aucun effet. Mais quand on m’apprend, page 18, que le M1000 possède, je cite un “mécanisme à piston différentiel avec éléments en laiton massif”, j’ai quasiment la carte de banque dans le terminal.

Mais si mon interlocutrice à la maison du porte-plume m’assure que c’est volontairement qu’elle ne stocke pas ce modèle parce que sa plume serait trop grande, et qu’elle ne le recommande pas j’en suis réduit à ronger ma plume et à me demander si je pourrais me contenter d’un M800 (ou plus vraisemblablement du M805) voire d’un M400…

pelikan

Le M1000 est à droite du M800 sur cette image.

By the way, si je suis exigeant/snob (biffez la mension inutile) avec mes outils d’écritures, avec les supports c’est l’inverse. il ne me faut surtout pas du moleskine, du carnet relié, du trop beau papier. Pourquoi ? Demandez à mon cheval…

Post-(p)artum blues littéraire

autoportrait parc royal 26 11 2006

C’est comme si j’avais atteint la face cachée de la lune, traversé l’Atlantique à la rame, escaladé les lacets de l’Alpe d’Huez et je ne souhaite à personne d’être dans le même état que moi aujourd’hui.

A l’accorte jeune fille qui sert les cafés chez Filigranes - où j’ai passé l’après-midi à revoir des visages connus - cette série en cours doit avoir un sens - et qui me demandait ce que je voulais, j’ai commandé le plus sérieusement du monde et en le pensant sincèrement “je voudrais un café et un sens à ma vie”.

Depuis que j’ai découvert que je suis plutôt bon pour aligner des mots qui forment des phrases qui se jettent dans des paragraphes qui eux-mêmes arrivent fluvialement en delta ou en embouchure à former des textes plus ou moins longs, j’ai pour ambition de clôturer un texte de fiction, quelque chose d’ambitieux, quelque chose de publiable, quelque chose dont je sois fier.

Ça, c’est fait.

Et la littérature ne devrait pas avoir le droit de faire ça à quiconque. C’est la première fois que je rencontre le post-partum blues littéraire, qui est paraît-il “normal”. Je le prend comme un direct du droit en pleine figure, comme une rencontre nocturne et mal famée avec un champion du monde catégorie poids lourds.

J’ai eu l’impression de me réveiller lundi alors qu’on est dimanche. J’ai l’impression d’être une éponge qui a été tordue, essorée le nombre suffisant de fois pour en expulser toute trace de jus. J’ai terminé un texte de fiction que je juge éditable et aujourd’hui ça me met dans un état proche de l’Ohio.

La distributrice de café de Filigranes ne m’en fournissant pas un, j’ai été me chercher un sens à ma vie au Parc Royal. Et le plus étonnant c’est que j’en ai trouvé un. Pas original mais puissant. Seulement voilà, pour concrétiser ce projet, il me faudra trouver une muse.

A suivre.