Chère Libre Belgique,

…tu es le journal dans lequel j’ai appris à lire. Tu m’as accompagné pendant des années. Tu connais l’adage « qui aime bien châtie bien » ? Figure-toi que je t’aime bien…

Les chiffres de vente de la presse écrite suivent peu ou prou la même pente que les actions Fortis l’automne passé ? Pas étonnant si toutes les actions commerciales du secteur sont aussi bien torchées que ce mailing :

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Commençons par cet inquiétant Alzheimer : à la première ligne le système de mailing sait que je m’appelle « Monsieur ». Vient ensuite un numéro de référence poétique comme une directive européenne sur les quotas laitiers. Et deux lignes après cette formule de politesse sexuellement correcte, c’est le drame : « Chère Madame, Cher Monsieur, ». Tant qu’on y est : si la bonne vieille technique du « citer le nom de la personne dans le corps du texte » n’est pas disponible sur votre imprimante, je peux vous louer la mienne pour 27,08 euros par mois si vous voulez…

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L’accident industriel survient dans le premier paragraphe du corps du texte. « votre récente demande » Quelle demande, les gars ? Sur un stand de foire ou de salon ? Via votre site web ? Par téléphone ? Télépathie ? Vous avez acheté mon nom dans un fichier ?

Toi bien ouvrir oreilles. Moi pas souviendance avoir fait demande recevoir journal pas sports Le Hodey Brothers un mois recevoir. Toi comprendre ou moi devoir expliquer différent ?

Il est parfaitement possible, avec la bonne carotte agitée sous mon nez, que j’aie accepté que mon nom et mon adresse figurent dans votre fichier. Il est totalement impossible que j’aie demandé un mois de journal en papier dans ma boîte aux lettres. Mon facteur a le dos fragile. Le Vlan suffit à recueillir mes épluchures légumières. Votre journal est périmé à la secondes où il sort de l’imprimerie, parfois même avant. Vous avez un site web. Dans un monde où l’info voyage via Twitter, qu’est-ce que je foutrais d’un abonnement à votre canard ? De plus, c’est pas comme si le mois d’août s’annonçait riche en actualité palpitante…

Lors de la réunion débriefing de cette campagne, pourriez-vous demander de ma part à l’auteur du texte pourquoi rien, mais alors là rien ne vend La Libre. Pas une ligne qui me permette de savoir que vous êtes (étiez ?) un quality paper. Vous doutez à ce point de votre avenir que vous oubliez de faire votre propre éloge ?

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Last but not least, je ne sais vraiment pas quoi Penser de cette majuscule qui Apparaît en plein Milieu d’une phrase. Si vous avez une si haute idée de votre Quotidien, pourquoi essayer de le vendre d’une façon aussi pathétique ?

Buzzeurs, bloggeurs : qui lèche qui ?

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Dites les annonceurs, c’est la crise ou quoi ? Le coût/contact des bloggeurs est devenu à ce point intéressant que pour vendre votre camelote, vous faites ressembler nos vies à des carrosseries de voiture de rallye ? Entre les manger-gratuits, les téléphoner-gratuits, les raser-gratuits, je sens que le jour n’est plus très loin où j’expliquerai à la caissière de mon supermarché que 3 tweets dont un avec twitpic depuis le rayon surgelés étant une monnaie d’échange bien suffisante pour le contenu de mon caddie, pour quelle obscure raison devrais-je avoir recours à cette transaction tellement 1.0 : du cash contre de la marchandise ?

A mon très humble avis, et les commentaires sont grand ouverts à un débat sur la question, les notions-clefs sont celles d’équilibre. Zéro perdant, win-win, allemaal-tevreden, celle de réciprocité et celle de proportionnalité.

yin yang

A mes yeux, une opération de blogobuzz idéale est celle dans laquelle un nombre optimal de bloggeurs reçoit quelque chose qui l’intéresse et la liberté d’en faire ce qu’il veut y compris celle de garder le silence.

De l’autre côté de DHL, le buzzeur reçoit des bloggeurs une réponse proportionnelle à son don. Tout le problème étant d’établir un barème…

Pour lancer le débat : quelques cas de figures qui sortent tout droit de mon imaginaire (toute ressemblance serait purement fortuite)

– la riche et renommée Big Anglo-Saxon Company m’offre un week-end à l’Amigo et deux places pour la Monnaie : un post ? deux posts ? avec ou sans photos ? Une lettre qui exprime ma gratitude écrite avec mon rhésus O négatif mais postée avec un timbre ?

– la sympathique Startupia Belgica m’envoie un porte-clef orné de son logo : un tweet ? zéro tweet ? Un post pour se plaindre que ce soit trop peu ? Un hommage de 500 mots ? Un album Flickr ? Un statut facebook ? Un youtube face webcam ?

– le cabinet FMCG m’invite pour une journée de conférence à écouter des orateurs passionnants et néanmoins étrangers : je parle de la qualité du jus de pamplemousse et de l’incident rigolo qui m’est arrivé sur le parking ou bien je reste sagement « on-message » et je parle des slides et des orateurs ? Si c’est pour le week-end à Deauville est-ce que j’applique le même barème que si c’est à Diegem ?

crédit photo : marcao,
plameo

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